Soyons tendance ou ne soyons rien! Le glamour rime aussi avec humour!
Ce matin même, je me suis trouvée victime d’une situation qui me laisse avec un goût d’incertitude dans la bouche. Je m’explique.
L’histoire débute hier soir, sur les coups de 21h30.
Le décor : une cuisine de maison de campagne, chaleureuse spacieuse et classe. Une longue table en époxy dans les tons tabac, des chaises de jardin en maillage, les fesses de mon père posées sur une des chaises et les miennes sur une autre.
Mon père et moi donc, alors que mon sportif d’époux, vautré devant le grand écran de mes parents, s’assurait que l’arbitre faisait bien son boulot lors de la finale de la coupe de l’europe ou un truc dans ce goût là, tergiversions. Un de ces petits moments que j’aime.
Mais où est la mère vous dites vous !
Aux grands magasins !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!! Eh beh oui, les chats ne font pas des cochons ou plutôt, Prada ne fait pas dans l’torchon (version plus classe hein ? avouez le !).
Sous couvert de cadeaux à acheter de toute urgence, ma douce mère avait encore une fois réussi à légitimer sa soirée Grand Mag'. Bien joué maman ! Inquièt mon père l’était sans l’ombre d’un doute. Mais 35 années d’expérience aux côtés de ma mère associées à une foi inébranlable dans l’amélioration de l’autre lui permettent d’afficher un large sourire et de dissimuler toutes ses craintes. Le pauvre ! Quoiqu’il en soit, nous sommes là, les fesses vissées à ces chaises trop molles pour être honnêtes et, tacitement, nous attendons.
Finalement, 21h35, à coups de phare et de klaxon (hum), ma douce mère nous annonce son arrivée. Elle déboule, l’air de rien, dans la cuisine, mais moi je sais ! Elle a fauté. Où est la faute, c'est ce que je ne sais pas encore.
Déballage des articles qui serviront de cadeaux, à moins bien sûr que ma mère ne décide entre temps qu’ils ne conviendront pas pour une raison ou pour une autre (le tout c’est de trouver une raison pas qu’elle soit bonne) et qu’il seront bien mieux chez elle.
Commentaires teintés d’un enthousiasme forcé sur lesdits articles.
Puis rien. Non rien d’autre qui suit.
Déception de s’être trompée et conclusion ; je suis une fille indigne suspicieuse et méchante : ses arguments étaient simplement réels, elle a fait près de
S’en suit une soirée en famille, enfin si l’on exclut mon époux qui a préféré fêter la victoire de son équipe devant l’écran géant et se repasser en boucle les buts et moments clés du match (là aussi il faudra qu’on m’explique).
En bref, un vent de bonheur soufflait sur notre chaumière.
Jusqu’à ce matin, ou tout s’est dénoué.
Toute afférée à me préparer un café dans la superbissima cafetière italienne, je croise ma douce mère qui arbore une tête évoquant pour le moins la torture intérieure.
On y est, le vent change…
Je choisis de ne rien dire et la laisse venir.
Encouragée par la très grande complicité qui est la notre, ma mère, n’y tenant plus se lâche au bout de 3 minutes et 11 secondes et m’assène un : « j’ai besoin d’un conseil » sur un ton qui en dit long. La voix mi-rigolarde mi-gênée elle m’explique. Lors de son shopping-cadeau hier, le petit bonhomme Printemps a ehontément mis sur son parcours le rayon des sacs.
Précisons que le sac, plus que le péché mignon de ma mère c’est son terrain de prédilection, parfois sa raison de vivre, son petit coup de jaja pour aller mieux, son domaine de compétence le plus aiguisé. En attestent les dizaines de malles hermétiques qui renferment le secret de l’histoire du sac depuis que ma mère est née. Un délice pour moi, enfant et adulte, je le confesse.
Pour en revenir à ce qui nous préoccupe : une fois lâchée dans la faune, me mère a vite fait de repérer sa victime. Ayant encore un peu de dignité, et sachant me garder en haleine, elle refuse pour le moment de me confier plus de détails sur le modèle ou la marque dudit sac.
Finalement après un discours très bien ficelé sur le pourquoi du comment elle était parvenu jusqu’à madame caisse avec ledit sac, elle s’arrête et voilà que j’entend un « et maintenant je regrette ».
Je dois dire que c’est bien la première fois qu’un regret vient assombrir un exploit shoppistique de ma mère. Que se passe-t-il ? N’y tenant plus, je demande à voir l’objet du délit afin de me faire une idée sur la légitimité de ses regrets.
Pas besoin de le lui dire deux fois, la voilà en train de me déballer ledit sac (je passe sur l’épisode où elle m’explique comment elle a appris au vendeur à faire des paquets-cadeaux façon Galliano, j’adore ma mère).
J’avais déjà en tête le discours que j’allais lui asséner sur la possibilité de le ramener mais voilà, j’ai adoré le sac ! Je garderai la marque pour moi, mais je dois dire qu’il est tout simplement génial. C’est le modèle le plus génial que j’ai vu des sacs extra larges. Il est différent de tout ce qu’on voit accroché aux coudes de tout le monde. Il s’adapte à presque tous les styles, il est rock et chic à la fois, il est pratique ……..
Ce sac m’a tout simplement cloué le bec. Et en plus, on dirait qu’il est fait pour ma mère.
Que faire ? Lui dire de le ramener, pour le geste ? Ne rien dire ? Afficher mon excitation et sauter partout dans la maison, le sac contre mon cœur ? C’est finalement pour cette dernière attitude que j’ai opté.
Mais maintenant moi aussi je regrette et j’aurais bien besoin de conseil !
Miss P, pas de si bon conseils!